Le Bloc-notes du désordre |
samedi, avril 23, 2005
vendredi, avril 22, 2005
Vendredi 22 avrilJe me tiens à la surface des choses, ce qui fait de moi un idiot. Cet après-midi, j'ai emmené Justine, Grégoire et Rébecca à la Grande Galerie de l'Evolution aux jardins des plantes. Puis, comme il leur restait encore du jus après un thé à la menthe réparateur à la Mosquée, nous sommes allés visiter le musée d'anatomie comparée et de paléanthologie à l'autre bout du jardin des plantes, en grande partie motivé par l'engouement enfantin pour les dinosaures. Je suis déjà venu dans cette galerie quantité de fois, d'abord enfant quand nous rendions visite à mon arrière grand-mère qui habitait de l'autre côté de la Seine boulevard Morland, puis aussi étudiant aux Arts Décos parce que j'avais caressé un moment l'idée de faire une série de photographies des squelettes de baleine à la chambre, projet chimérique parce que je voulais le faire à la chambre et que je ne suis jamais parvenu à obtenir une autorisation pour poser un trépied dans ce musée. Plus tard, lorsque la Grande galerie de l'Evolution a ouvert ses portes, un numéro de Vis à vis réservé à ce nouveau musée dans Paris, m'avait aiguilloné et j'étais allé y voir de plus près. Et c'était surtout l'architecture intérieure et les très beaux effets de scénographie qui m'avaient alors impressionné, du coup, j'étais retourné au musée de paléanthologie pour le souvenir de l'enfance. Et puis j'ai commencé à être un peu entouré par les enfants des amis et c'est assez souvent que je leur ai réservé, quand on me confait ces enfants puis ce furent mes propres enfants que j'emmenai en visite à la Grande Galerie de l'Evolution cette visite au jardin des plantes, chaque fois nous allions voir cet ossuaire ordonné qu'est le musée d'anatomie comparée et chaque fois je me disais qu'il faudrait sans doute que je revienne à ce projet de photographies dans ce musée. Et aujourd'hui encore tandis que les batteries de mon appareil-photo numérique me lâchaient après une dizaine de clichés, je continuai encore de me faire cette réflexion que ce serait bien de faire une série de photographies de ce musée, de l'invraissemblable accumulation d'os. De même que j'ai donc toujours dans l'idée de faire des photographies de ce musée, lorsque je le visite, je reste à la surface des choses. Je regarde cet ensemble de squelettes et je reste impressionné à la fois par leur nombre et la marée d'os qu'ils forment. De façon très aléatoire, je m'arrête devant les vitrines et envisage tel ou tel petit squelette de lémurien ou de tout autre petit animal, mais je ne m'astreins pas du tout à le comparer avec ces voisins de vitrines, je ne tire donc aucun enseignement ou presque de ce musée d'anatomie comparée précisément. En fait depuis que je visite ce musée, je n'ai qu'une chose en tête, les photographies que je pourrais un jour en faire. Et d'ailleurs je ne raisonne qu'en fonction de ce projet puisque chaque fois, je me dis qu'il faudrait le faire à la chambre en lumière naturelle, telle autre fois, je me dis qu'il faudrait le faire en 6X6 avec des appoints de flash, une autre fois encore, je me dis que ce serait bien de le faire à la chambre à main levée en aveugle ans le noir et au flash à la manière des photographies d'arbres la nuit, images dont j'avais eu l'idée la première fois à Watten et quantité d'autres idées encore. La vérité est que je ne conduirai probablement jamais ce projet à son terme et que je ferai aussi bien lors d'une prochaine visite de ce musée de le visiter effectivement, c'est-à-dire de comparer, de fait, les différentes pièces du musée. Et d'arrêter de faire de ces photographies mentales qui n'ont aucun sens. jeudi, avril 21, 2005
Jeudi 21 avrilAu palais des Beaux Arts de Bruxelles, il y a actuellement deux expositions. L'une intitulée René Magritte et la photographie, que je déconseille vivement. Je m'y étais engagé pensant que j'y trouverais peut-être quelques chahuts typiquement suréalistes, non pas que je sois nécessairement très friand de telles photographies drôles, tout comme Barthes dans la Chambre claire, je dois dire mon profond ennui devant les photographies humouristiques, effectivement dévoiement de la photographie qui est alors loin de la gravité dans laquelle elle nous engage plus volontiers dès qu'on pense à ses termes temporels, même les plus immédiats, ce que je vois n'est plus, mais voilà je pensais pourtant que malgré mon aversion du suréalisme en matière de peinture, je sois tout de même capable de faire des exceptions pour Magritte dont le questionnement à propos de l'image est en fait terriblement adventice, mais autant d'espoirs se sont révélés mal placés, le conservateur de cette exposition est visiblement fasciné par la figure de Magritte au point de trouver de l'intérêt dans les plus mièvres photographies de vacances du même Magritte, ainsi Magritte à la plage, Magritte au zoo, Magritte au barbecue ou même Magritte faisant mille grimaces dans son salon, dans des tout petits tirages dentellés d'époque ne feront jamais une exposition de photographie à proprement parler. Et j'aurais été volontiers coupable d'une généralisation hâtive s'agissant des Belges et de leur fétichisme pour les grands hommes de leur pays, si je n'avais pas ensuite visité l'exposition intitulée la Belgique visionnaire montée par Harald Szeeman, peu de temps avant sa mort. Longtemps j'aurais pensé que l'intérêt d'un tel thème fût très limité, sans doute parce que je ne croyais pas à de tels regroupements "nationaux" que je qualifiai volontiers de sommaires et d'arbitraires, j'aurais davantage observé les passerelles existant entre les Nouveaux Réalistes européens (Tinguely, Saint-Phalle, Villéglié, Arman) et le pop art américain (Warhol, Dine, Rosenquist), sans m'apercevoir justement du caractère en fait déterminant que les uns soient européens et les autres américains. Ou encore j'aurais volontiers rangé Hans Hartung avec les Expressionnistes abstraits américains alors qu'il existe un gouffre entre eux, pour ne pas dire un océan. Tandis que de trouver un lien entre Soulages dont la peinture m'afflige et Toni Grand dont la sculpture me passionne, tous les deux artites français contemporrains, cela je n'aurais pas su le faire. Et de ne pas comprendre l'intérêt de les voir figurer tous les deux au même catalogue. C'était sans doute trop de méfiance par rapport au sentiment nationaliste; Avec un peu de recul je m'aperçois au contraire, et cette exposition de la Belgique visionnaire y aide beaucoup, que notre appartenance à une culture ou à une origine est déterminante, qu'en fait elle fonde toute la différence entre Giotto, De La Francesca et ceux que l'on appelle les Primitifs Flamands de la même époque et préoccupés par de comparables enjeux de la représentation. C'est souvent que les Belges aiment à rappeler fièrement qu'ils viennent d'un petit pays, une agrégation pas simple entre deux cultures principales, wallone et flamande. C'est à la fois modeste et fier. Cette modestie d'ailleurs se retrouve fréquemment dans un effort salutaire de dérision, d'auto-dérision, qui ferait beaucoup défaut à la France pays minuscule et négligeable sur la planète mais qui toujours monte sur ses ergots sur le ton du rôle de la France dans le Monde. Je n'ai personnellement jamais entendu parler de la place de la Belgique dans le Monde. Alors, ce qui principalement rassemble les artistes de l'exposition de la Belgique visionnaire, c'est sans doute cet effort constant de dérision, et avec lui la capacité de révolte par rapport à une morale étriquée, notamment flamande, qui relève du carcan. Ainsi cette très belle pièce de Cédric Noël l'idée d'un drapeau national belge modulable selon l'état de la Nation, le rouge représentant le sang de ceux qui sont morts pour la patrie, la fondation du pays, le noir pour le deuil qu'on leur porte et l'orange qui symbolise l'or qui garantit la prospérité du pays, le principe du drapeau modulable serait de donner à voir l'état du pays selon ces trois critères, grâce à des largeurs variables des trois couleurs parallèles à la hampe du drapeau. Ou encore la pièce intitulée Unité, drapeau dans lequel toutes les couleurs du drapeau original ont été mélangées, donnant un drapeau uniformément gris clair. Une telle dérision à l'encontre de nos emblêmes nationaux ne nous ferait aucun mal en France. Comparable modestie se retrouve aussi dans la recherche formelle, très économes en matériaux, et pourtant. Et pourtant on peut regarder fasciné la vidéo de Michel François intitulée Déjà vu (Hallu) dans laquelle "deux" mains froissent une une boule protéiforme une feuille de papier d'aluminium, l'image est en fait scindée en deux par son centre et l'une et l'autre parties sont symétriques l'une de l'autre, nous ne voyons en fait que la moitié de l'image, reproduite dans l'autre partie de l'écran comme dans un miroir. Du coup cette sculpture symétrique prend des formes qui en dépit de leur côté aléatoire, sont très figuratives de toutes sortes de monstres, de créatures ou de constructions comme le seraient, somme toute des tests de Rorschach. La même économie de moyens se retrouve dans les accumumlations d'objets hétéroclites de Georges Adéagbo dans sa pièce La colonisation belge en Afrique noire. Ou comment la simple juxtaposition d'une foule de pièces souvenirs finit par recréer l'objet de son souvenir, en recréant l'ambiance passée. Il y a aussi dans cette Belgique visionnaire un combat politique et une critique sociale très virulents. Jacques Charlier et son spirit of Belgium, une étagère sur laquelle figure une maquette en bois verni d'une demeure à l'architecture sans relief, le pavillon "Sam Suffit" dans toute sa splendeur, et la sculpture représentant une cervelle, elle aussi toute en bois verni. Trois artistes sont également inspirés par la figure du porc, dans des représentations très ambigües, Thierry Zéno dans son film Vase noces, et sa scène finale de mise en bocaux de cadavres de porcelets pendus, Johan Muyle et les Reines mortes, sculpture collage ready made dans laquelle la truie semble porteuse de toute une série de symbôles ambivalent et douteux. Wim Delvoye, pareillement, nous met en présence d'un porc empaillé et dont la peau est tatouée d'emblêmes vernaculaires. Le même Wim Delvoye expose son invraissembable machine à fabriquer une authentique merde humaine. A l'entrée de cette machine d'une bonne hauteur de quatre mètres et occupant au sol par ces différents composants tous reliés entre eux un espace qui ferait, disons, quatre mètres sur quatre, en entrée de cette machine donc, est introduit un véritable repas dont est affiché, chaque jour de fonctionnement de la machine, le contenu. Puis la machine, à partir de cette matière première, reproduit les différentes étapes de notre digestion pour, enfin, produire, tractés par un villebrequin, des segments de colombins ressemblant à s'y méprendre aux selles humaines. On est tout entier saisi par la complexité industrielle du procédé et de la machine qui lui est assujettie, la pensée faisant des allers-retous fréquents entre les contours absolument non-anthropomorphes de cette machine et pourtant son fonctionnement comme à l'identique, ainsi un tambour de machine à laver le linge semble produire les effets d'un estomac. L'humain est ici à l'oeuvre, à la fois pour ce qu'il produit naturellement et pour sa capacité désormais à reproduire ce procédé naturel en s'aidant d'expédients qu'il fabrique. Comparablement le carroussel de Carsten Höller, mettant en scène un carroussel donc, de balançoires, lequel soutient désormais aussi deux avions miniatures, figures de manège pour enfants, nous dit combien une oeuvre peut désormais offrir de vastes dimensions, ici monumentales, la taille d'un véritable carroussel, pour une signification réduite: le temps passe, les temps changent. En cela cette oeuvre est emblématique de notre temps, plus le vecteur de communication est puissant et plus on lui fait transporter un sens proche de l'insignifiant. Elles ne sont pas si fréquentes, finalement, les expositions collectives d'art contemporain, dans le cas présent, d'un art d'un seul et même pays, englobant un vaste panorama de pédiodes, du classique au conteporain, à rassembler aussi efficacement des traces d'une advention aussi généreuse. Le résultat est ici d'autant plus remarquable qu'il émane d'un cadre à la fois strict et méticuleux, mais aussi, somme toute, modeste dans ses objectifs, le titre de l'exposition, la Belgique visionnaire, étant à la mesure de l'autodérision souvent présente dans les oeuvres exposées, et pourtant et pourtant... le visiteur ne cessera d'être surpris par le caractère éminnemment avant-gardiste de la plupart des oeuvres ici présentées. L'avant-garde n'est souvent pas là où on la pense ou souhaite. mercredi, avril 20, 2005
![]() Mercredi 20 avril Parmi mes amis, Eric, est belge. Eric d'ailleurs vit à Montreuil et travaille deux ou trois jours par semaine à Bruxelles, aussi prend-il le TGV très souvent, toutes les semaines en fait. De façon inexplicable, j'ai complètement oublié de le prévenir que j'allai aujourd'hui à Bruxelles et que si cela pouvait l'intéresser je serai à Passa Porta ce soir. J'aurais du y penser. La providence veut qu'Eric était dans le train ce matin, dans le même wagon que le mien, à quelques sièges du mien. D'ailleurs une fois que je lui ai dis comment il se faisait que j'allai à Bruxelles, il m'a, à juste titre, fait le reproche de ne pas l'avoir averti de ce voyage. Dans le train tandis que lui comme moi rions que nous ayons quitté Paris sous le soleil et que nous arrivions dans le brouillard dès Arras et le Pas-de-Calais, Eric me fait un plan sommaire de Bruxelles, sur lequel figurent en bonne vue la place de Boukère et son célèbre hôtel Métropole dont Eric me vante déjà l'architecture Art Déco fin du XIXème début du XXème le palais des Beaux-Arts, dont il me recommande l'exposition La Belgique visionnaire, le musée d'Art Ancien, la librairie Tropismes, incroyable que ce petit croquis dessine aussi fidèlement mon après-midi à Bruxelles. Dans les aéroports ou même les gares, j'avais de nombreuses fois déjà vu ces personnes qui attendent d'autres personnes qui tiennent ces pannonceaux au nom du voyageur attendu, sans parler de cette photographie d'un artiste contemporain dont j'ai oublié le nom et qui porte un de ces cartons sur lequel est écrit James Bond. Mais je n'aurais jamais cru qu'un jour une personne tienne dans une gare un pannonceau à mon nom. Ou encore qu'une chambre dans un hôtel me fût réservée. Et quel hôtel! J'ai tout de même peine à croire que l'on me réserve un tel luxe, du coup l'après-midi durant, je me demande si je ne ferais pas mieux de rebrousser chemin, il est encore temps, jamais je serai, dans mon exposé, à la hauteur de telles attentes. Finalement cette rencontre se passe plutôt bien. J'ai quand même du mal à comprendre ce qui peut motiver de réunir Pierre Assouline, Hafid Aggoune et moi sur une même estrade, si ce ne sont les prédilections d'une seule personne, notre hôte, qui aimerait lire à la fois Pierre Assouline, Hafid Aggoune et aimerait aussi visiter le désordre. D'ailleurs la question, celle de ce qui nous unit, se pose et il n'y sera jamais tout à fait répondu. Pierre Assouline a publié une dizaine de livres, dont quelques biographies notoires, celles d'Hergé de Simenon ou encore de Cartier-Bresson (je sens déjà que cela va être drôle de parler avec quelqu'un aussi admiratif d'une photographie qui me fait autant horreur), Hafid Aggoune a écrit un roman, les Avenirs, tous deux ont un site internet, Pierre Assouline, un blog, un journal extime comme il aime à dire, Hafid Aggoune, lui a une page d'auteur un peu maladroite (un fichier quicktime dès la page index), et il est attendu de nous que nous devisions des blogs et de la littérature. C'est plutôt comique parce que si j'avais du organiser une telle rencontre sur un tel thème, ce n'est pas nous trois que j'aurais choisis, mais plutôt disons, François Bon, Jean-Michel Maulpoix et Valère Noravina et puis je ne sais pas de vrais francs tireurs comme Le Lièvre de Mars ou Ludovic Bablon. Et pourtant la recontre se passe bien, Pierre Assouline et moi nous nous cherchons des poux dans la tête à propos de Cartier-Bresson, le public a l'air de nous trouver plutôt drôles et les gens viendront presque tous nous dire qu'ils ont trouvé cette rencontre passionnante. Je ne saurais pas en parler moi-même. Il y a cependant ceci. Cela fait maintenant plusieurs fois que je dois présenter le site sur un grand écran devant un auditoire, et je vois bien comment le site résiste beaucoup à ce genre d'exposition, d'abord parce que je ne sais jamais trop par quel bout le prendre, ensuite parce que l'image qui habituellement fait pas tout à fait vingt pouces de diagonale se retrouve projetée en deux mètres par trois et tout ne tient pas la route dans cette démultiplication et que surtout cela gomme le principe de la dévouverte intime que font habituellement les visiteurs, parfois en tombant dans mes sempiternelles chausse-trappes ou en étant simplement surpris par les détours ou les liens. Et puis je trouve étrange de me retrouver devant un public après avoir longtemps travaillé dans le fin fond de mon garage. En revanche je trouve souvent du plaisir à visiter les pages de la Vie sur grand écran, cela me rappelle un peu les projections de diapositives de l'enfance, manque le bruit cependant du ventilateur. Plus tard, je pars boire des bières avec les organisateurs et Frédéric, un visiteur du désordre, presque de la première heure, et qui habite désormais Bruxelles, mes hôtes ont choisi une taverne sombre, on y passe de vieux disques de Bowie, des jeunes gens chahutent un peu et sont visiblement heureux de se trouver ensemble, on dirait le Rainbo ou le Gold Star à Chicago. Je donnerai cher aujourd'hui pour disputer des parties de billards avec Mr Bart au Czar Bar sur Division Street Chicago. mardi, avril 19, 2005
Mardi 19 avril C'est idioit mais je viens seulement de comprendre dans les explications éclairantes de la pédopsychiatre au CMP ce qui était terriblement constituant dans les difficultés de Nathan. On peut dire sa très grande difficulté à envisager l'Autre, les autres, et on pourrait croire qu'ayant compris cela on soit armé pour comprendre le reste. Comprendre. Est-ce suelement possible? Mais je dois surtout avouer que je n'avais pas saisi jusque là à quel point les autres et Nathan ne faisaient dans son esprit fragile qu'une seule et même personne. Ce qui signifie que si nous reprenons Nathan pour une de ses bêtises, il soit si difficile pour lui de comprendre ce désaccord, comment peut-on en effet être en désaccord avec soi-même? Et comme je m'en veux de ne comprendre cela que maintenant! lundi, avril 18, 2005
Lundi 18 avril J'aurais peu dormi ces dernières soixante-douze heures. A la fois la fatigue du travail de nuit et la difficulté paradoxale de trouver le sommeil après une nuit de travail, et de le faire durer, mais aussi l'intranquillité coutumière qui est la mienne lorsque je suis seul à la maison. Alors cet après-midi en attendant le retour d'Anne et des enfants, j'essaie de mettre à profit le calme sans eux dans la maison pour travailler un peu mais les yeux s'usent vite et la pensée s'égare sans qu'il soit possible d'en récupérer quelques bribes. Je remonte me faire du thé et puis je décide de faire un peu de ménage dans la maison. Oui, parfois une journée peut être aussi infructueuse et sans relief que ceci, ne pouvoir en dire que le ménage et les autres corvées ménagères qui nous ont occupé. dimanche, avril 17, 2005
Dimanche 17 avrilJe suis rentré ce matin du travail de nuit, fourbu. La maison était vide, Anne étant partie avec Clémence et les enfants passer le week end chez le père de Clémence à Montagny-en-Vexin. J'ai donc trouvé une maison sombre et silencieuse. Doucement, avec un luxe de précautions, les gestes lentement dépliés, engourdis par la fatigue, soucieux aussi de ne pas déranger les voisins, j'ai ouvert les volets des fenêtres, j'ai laissé la porte de la maison ouverte pour laisser passer un peu de l'air humide et frais de ce matin, je me suis fait un tasse de thé et j'ai mis un disque. Parce qu'il m'est littéralement tombé sous la main j'ai installé sur la platine Ceux qui veillent la nuit de Louis Sclavis. En trio, clarinettes, contrebasse, batterie. Je me suis assis sur le tabouret à la place de Nathan et j'ai écouté avec une attention peu commune ce très beau disque. Et j'ai tout de suite remarqué combien mon écoute était attentive et concentrée, comment je recevais bien toutes les nuances et les attaques des clarinettes, les doigtés de la contrebasse et la recherche très délicate des sonorités de la batterie. J'ai fini par écouter tout le disque, la main refermée sur la chaleur de ma tasse de thé. J'étais tout à l'écoute de ce disque, que je connais pourtant bien, dont décidément je redécouvrais des tas de passages dont je n'avais pas toujours soupçonnés certains détours jusque là. J'étais assis, sur le tabouret de Nathan, dehors le jour se levait, c'était dimanche matin la rue était déserte, quelques oiseaux, rien d'assourdissant, ma tasse de thé dans la main, pleine, le thé devenu froid, tout à l'écoute de Louis Sclavis. |