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Un fabricant de chocolat à part entière Deuxième grande fusion pour Nestlé :
le 1er janvier 1929, quelques mois avant le krach de Wall Street, la société
rachète Kohler, Cailler et Peter alors regroupés dans Chocolats Suisses SA.
(16). Nestlé devient un fabricant de chocolat à part entière avec 13 centres
de production et quatre marques dont Nestlé et sa célèbre tablette rouge, toujours
en vente aujourd'hui.
Jusqu'à la fin des années 20, Nestlé signe ses produits à son nom : farine lactée,
lait concentré sucré ou non sucré, lait écrémé, lait en poudre et le chocolat.
En 1929, est lancée une farine de blé sous la marque Milo. A partir des années
30, la marque Nestlé donne son préfixe « Nes » à des produits
comme Nestogen, un lait peu gras mais riche en protéines (1930), Nescao, un
instantané à base de chocolat en 1934. En collaboration avec Hoffmann-La Roche,
Nestlé fabrique, en 1936, Nestrovit (Nestlé, roche, vitamine), une préparation
vitaminée liquide à base de lait concentré sucré, ou en tablettes, à base de
beurre de cacao, prédécesseur de produits contenant des vitamines B ou D comme
Nesviton et Nestamine. Révolution dans le café avec Nescafé (17), premier café
instantané soluble en 1938. Pour la première fois, excepté le chocolat noir,
Nestlé déroge à son principe de ne fabriquer des produits qu'avec du lait. Nescoré
suit en 1939 ainsi que Nestea, extrait de thé en poudre (18).
LA FRANCE, DEUXIEME MARCHE DE NESTLE
Après les Etats-Unis 1947 : Nestlé rachète Maggi (19).
Les termes « Anglo-Swiss Condensed Milk Co. » disparaissent
de la raison sociale pour Nestlé Alimentana SA. Et ce n'est qu'en 1977 que le
groupe suisse opte pour Nestlé SA. En France, son deuxième marché après les
Etats-Unis, la société, dénommée depuis 1945, Sopad (Société des produits alimentaires
et diététiques) prendra le nom de Nestlé France en 1993. Entre ces deux dates,
la marque Nestlé va progressivement enrichir son territoire, ajoutant aux laits
pour enfants et au chocolat, d'autres produits (baby foods, céréales, produits
laitiers, etc.) avec, toujours pour règle d'or : la nutrition et le plaisir.
Cette évolution de la marque se fait l'écho d'une révolution, celle des Trente
Glorieuses, marquées, entre autres, par l'augmentation spectaculaire du pouvoir
d'achat, la croissance démographique, la révolution commerciale, le passage
de l'économie de la demande à celle de l'offre et l'urbanisation. Autant de
facteurs qui ne sont pas sans incidence sur les attentes des consommateurs et
sur l'évolution des produits Nestlé. Ainsi du lait concentré sucré, produit
mythique du groupe pendant plus de 60 ans, longtemps compagnon des écoliers,
qui subit un triple assaut : celui des pédiatres qui l'accusent de faire grossir,
l'apparition du lait maternisé et l'invention de la brique UHT. D'où la création
d'autres usages pour le lait concentré - mini berlingot, tube et recettes -
pour faire de ce produit de première nécessité, un produit-plaisir. Sur fond
de croissance démographique, le nid Nestlé s'agrandit. Si l'heure n'est plus
à la sous-nutrition, la marque n'en oublie pas pour autant sa vocation première
: la nutrition infantile. Ainsi en est-il des « baby foods ».
Après une première tentative en 1965 (20), Nestlé se lance de nouveau sur ce
segment en 1972. Mai 68 est passé par là : augmentation du pouvoir d'achat,
changement des mentalités, émergence de marchés de « praticité ».
La pharmacie représente alors plus de 80% des ventes et le marché est tenu par
Bledina, Gerber (l'inventeur du petit pot en 1928) et Fali. Il faut attendre
la fin du monopole de ventes en officine des produits diététiques (21) pour
que les grandes surfaces allouent au segment des « baby foods »
une place de choix. Une mutation qui se traduit, depuis 1985, par le slogan
« chez Nestlé, le président c'est bébé ». C'est pour lui
que la marque lance les premiers petits pots viande et légumes avec morceaux
à la fin des années 80.
Au milieu des années 90, l'heure est à l'apprentissage du goût avec l'invention
de P'tit Duo (1995), les premiers pots qui séparent les légumes et la viande.
Cette gamme, plus particulièrement destinée aux grands bébés de plus de 10 mois,
contribue ainsi à l'allongement de la durée de consommation ou « juniorisation »
des produits (22). Aussi Nestlé lance des produits pour les grands bébés de
plus de douze mois : P'tit Menu (1999), une assiette dont la forme reprend la
tête de l'ourson bleu, symbole de la marque depuis 1978, et qui présente, en
deux compartiments - une innovation Nestlé -, viande et légumes. Bénéfice consommateur
pour la mère : ces plats cuisinés sont micro-ondables ! Ils ont une double vocation
: proposer aux bébés des recettes proches du "fait maison"(23) et toucher par
leurs variétés les plus "âgés" d'entre eux.
A quand la signature d'un grand chef ! ...
 
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